mardi 2 mai 2017

lettre ouverte à Emmanuel Macron

Un fois n'est pas coutume, j'interagis avec l'actualité politique de mon pays.

Comme d'autres (pour "prouver facilement que vous n’êtes pas l’homme de la financiarisation", ou pour un Grenelle de la démocratie), j'adresse ici une lettre ouverte au candidat qualifié pour le second tour de l'élection présidentielle française du 7 mai 2017 :

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Bonjour Emmanuel,

J'ai peu de temps pour vous écrire, et c'est pourtant de la plus haute importance.
Vous trouverez ici le programme pour lequel j'aurai rêvé pouvoir voter.

Au delà de ce qui nous sépare, je me permet de vous suggérer de :
* conserver votre inclinaison européenne,  l'amplifier vers plus d'intégration politique, voire un fédéralisme responsable, ce qui passe par une refondation de l'Union Européenne.
* introduire dans vos propositions une plus grande attention à l'écologie : il est essentiel de penser le long terme, de peser pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et de préparer dès maintenant un monde dans lequel les énergies fossiles seront rares. L'horizon n'est pas dégagé, et c'est pourquoi il faut s’engager dans la conversion écologique de notre société, et travailler à un monde solidaire et fraternel.
* rénover les institutions de la 5ème République : l'introduction du scrutin universel direct par jugement majoritaire nous fera sortir du règne des partis tout en évitant les dérives populistes de la proportionnelle intégrale. Votre exemplarité en terme de promesse et de résultats doit être la première brique de la réconciliation des citoyens avec leurs élus.
* prouver votre liberté vis-à-vis du monde de la finance (les gens autour de moi semblent en douter).

Enfin, j'ai lu et entendu que vous vous réclamiez de l'héritage de Paul Ricoeur : n'hésitez pas à pousser vos références jusqu'au personnalisme d'Emmanuel Mounier, et à défendre une société qui favorise l’épanouissement de toute personne, où chacun trouve un sens, où chacun trouve une place. Cela inclut du fédéralisme européen, de l'attention aux plus faibles et de la solidarité, de l'écologie politique inspirée de Jacques Ellul, et également une liberté face au libéralisme intégral, matérialiste, individualiste, niant la personne humaine.

Merci de m'avoir lu,
Alphée.

mardi 18 avril 2017

sur les axes des programmes présidentiels 2017

De manière subjective, j'ai tenté de me positionner sur les 8 axes sur lesquels un quotidien français a réparti les 11 candidats à l'élection présidentielle française:
Résultat : mon positionnement assez central fait ressortir 3 grandes orientations :
* intégration européenne,
* plus d'écologie,
* rénovations des institutions.

le choix commun

Pédagogique, une introduction au jugement majoritaire en BD : ici.

mercredi 8 mars 2017

mes priorités

Dans les programmes de gouvernement des candidats, je cherche des réponses à mes priorités :

  • l'Homme au centre : évaluer toute décision aux impacts qu'elle aura sur les hommes, actuels et à venir, sur sa capacité à faire grandir la justice et l'équité.
  • l'Homme au sein de l'Humanité : favoriser la fraternité entre les hommes, de nos concitoyens au reste de l'humanité, et la paix à toutes les échelles. Cela passe notamment par le projet européen.
  • l'avenir --> l'écologie : penser le long terme oblige à des choix courageux préservant l'habitabilité de la Terre (donc à éviter l'emballement de l'effet de serre) et préparant la vie sans combustibles fossiles.
  • l'avenir --> l'éducation : donner à chaque génération les moyens d'être meilleurs que la précédente, c'est-à-dire plus humains et mieux armés pour exercer leur liberté.

Je ne retrouve cette équation que dans un programme :
celui de Charlotte Marchandise-Franquet.

gauche ou droite ? conservative or radical ?

A l'opposition gauche/droite, certains préfèrent l'opposition réformateur/conservateur.

A "conservateur", Wiktionnaire oppose "progressiste : dans le sens de celui qui a tendance à envisager ou promouvoir le changement, sur le plan des idées, de la morale ou en politique".

D'autres ont des listes plus variées : évolutionniste, contestataire, démolisseur, déprédateur, extrémiste, novateur, progressiste, réformateur, réformiste, progressiste, réformateur, réformiste, révolutionnaire...

Plus tôt, je m'étais décrit comme un radical évolutionnaire, humaniste, européen et écologiste, social (i.e. aspirant à plus de justice) et libéral au sens politique (i.e. plaçant la liberté, et donc la responsabilité, comme principe politique fondamental). Plus tard, j'avais simplifié en écolo-centriste joyeux.

Mais je laisse le dernier mot à Benjamin Disraeli : " I am a conservative to preserve all is good, and a radical to remove all that is bad ".

mardi 10 janvier 2017

répartition des rôles entre experts et citoyens

Benoît de Haas propose sur Démocratie Ouverte de positionner le citoyen non pas comme faiseur d'opinion ou comme expert, mais bien comme décideur, en lui donnant les éléments lui permettant de décider :

Au niveau législatif national, une Chambre des Citoyens tirée au sort devra effectivement être informés par ceux qui ont la connaissance et l'expertise du sujet : appelons-les des experts (expertise acquise par les études et/ou l'expérience du terrain). C'est bien les citoyens qui doivent avoir le pouvoir décisionnaire, dans le cas du pouvoir législatif, le pouvoir de rédiger et voter les lois. Ce pouvoir décisionnaire peut  être exercée directement ou par délégation, selon les principes de la "démocratie liquéfiable" (sic !).

Après décision par les citoyens, je pense que les mieux placés pour mettre en oeuvre la décision des citoyens (au niveau national, cela consiste à exercer le pouvoir exécutif, c'est-à-dire gérer la politique courante de l'État et de contrôler l'application de la loi élaborée par le pouvoir législatif) sont des experts de leur domaine.

Il s'agit bien des séparer les rôles des citoyens et des experts.

Voter

En octobre 1885, Elisée Reclus écrivait Le Revolté :
« Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté. Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir. Voter, c’est être dupe ; c’est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d’une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Vos mandataires ayant à légiférer sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l’échenillage des arbres à l’extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l’immensité de la tâche. L’histoire vous enseigne que le contraire a lieu. Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement. »

Le début me plait bien, la fin bien moins.

Si je reprends ces arguments :

* "Voter, c’est abdiquer, [...] renoncer à sa propre souveraineté" : ma réponse à cela s'appelle la démocratie liquide, ou plus précisément la démocratie liquéfiable (sic !).

* "le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur" : je n'espère pas un monarque ; il est indispensable de sortir rapidement de cette névrose nationale autour des élection présidentielles.

* "Vous nommez des hommes qui se chargent de rédiger les lois et leur mission est de vous faire obéir" : la stricte séparation des pouvoirs est la première pierre : rédiger les lois doit être la prérogative du seul Parlement (ce Parlement doit être maître de son ordre du jour, et le Gouvernement, président ou pouvoir exécutif ne doit pas être le seul à proposer des thèmes à légiférer), et faire obéir aux lois ("contrôler l'application de la loi élaborée par le pouvoir législatif").

* "Voter, c’est être dupe ; c’est croire que des hommes comme vous acquerront [...] la vertu de tout savoir et de tout comprendre" : je pense que le gouvernement doit être composé des meilleurs experts dans leur domaine, et que les citoyens tirés au sort pour participer à la Chambre des Citoyens reçoivent une formation sur les questions budgétaires et juridiques.


* "Le pouvoir a toujours affolé" : Perte du sens des réalités, intolérance à la contradiction, actions à l’emporte-pièce, obsession de sa propre image et abus de pouvoir, arrogance, narcissisme, mépris, prétention, manipulation, sentiment de toute puissance et d'invulnérabilitéc'est ce qui caractérise le syndrome d'hubris. Pour Sylvain Bosselet, la soif du pouvoir est plus forte que les idées. Ce ne serait pas tant  une question de vérité, abstraite, que d’action, concrète : avoir raison permet d’imposer son choix d’action. Le pouvoir égotiste est une forme primaire, enfantine, de la soif de liberté.

* "Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement" : Anti-parlementarisme anarchiste. Peut-être que des assemblées d'hommes politiques professionnels concentrés sur leur ré-élection génèrent des parlotes médiocres. Croyant en l'intelligence humaine, je suis convaincu que le non-cumul dans le temps des mandats et l'instauration d'une Chambre des Citoyens tirée au sort donneraient des assemblées législatives aux discussions riches et efficaces.

On peut voter blanc si aucune des propositions ne nous convient, mais ne pas voter c'est refuser son devoir de citoyen, c'est décider de subir le pouvoir des autres. De quoi donner envie d'écrire des argumentaires contre l'abstention. Et si le système électoral actuel ne nous convient pas, nous ferions mieux de voter pour des propositions alternatives (ou représenter nous-mêmes ces propositions dans les élections) plutôt que de nous abstenir.