mardi 16 janvier 2018

taxe carbone : viande et lait

La consommation de viande contribue à nos émissions de CO2, et certains pays étudient une taxe sur la viande pour réduire la consommation de viande.
J'avais déjà envisagé une taxe carbone sur certains produits alimentaires : mes calculs me menaient à une taxe de 2.7€ par kg de viande de bœuf.

Les bovins en particulier sont de grands émetteurs de méthane (CH4) : en moyenne 150kg de méthane par an.

Apparemmentun bœuf de 2 ans et de 700kg fournit 251.7kg de viande après abattage, découpage, désossage, etc. Ce bœuf ayant émis en moyenne 150kg de méthane par an soit plus 21 tonnes équivalent carbone (selon cette grille), une taxe carbone à 150€ la tonne équivalent carbone donnerait une taxe de plus de 25000€ par kg de viande de bœuf !! (ou 7000€/kg si la taxe est de 150€ par tonne équivalent CO2)

Le même concept pourrait s'appliquer aux produits laitiers.
Une vache produisant 30 litres de lait par jour émet en moyenne 150kg de méthane par an, soit plus 21 tonnes équivalent carbone (selon cette grille). Une taxe carbone à 150€ la tonne équivalent carbone donnerait une taxe de presque 300€ par litre de lait ! (ou 8€/L si la taxe est de 150€ par tonne équivalent CO2)

Ces derniers montants paraissent totalement déraisonnables... erreurs de calcul ??

les villes (2)

Sujet abordé il y a quelques années, et essentiel dans la transition énergétique, puisque selon les Nations unies, les villes sont ainsi à l’origine de près de 70% des émissions de gaz à effet de serre, et consomment près de 70% de l’énergie mondiale.

La Fabrique de la Cité (think tank créé à l'initiative du groupe Vinciacteur mondial des métiers des concessions et de la construction) introduit ainsi son étude de janvier 2014 :
La contrainte carbone et la perspective largement partagée d’une augmentation des coûts d’accès à l’énergie modifient la donne énergétique.  Cette nouvelle donne conduit à rechercher des modèles nouveaux, tant pour la consommation que pour l’approvisionnement des villes :
◗ individualisation de la maîtrise de la consommation (implémentation de compteurs intelligents et effacement des pointes électriques) ;
◗ mise en place de nouvelles normes pour le bâti ;
◗ développement de l’écomobilité ;
◗ décentralisation et décarbonation de la production électrique.
Elle contribue également aux réflexions sur les formes même de la ville (densification et mixité fonctionnelle), en tenant compte du fait que en Europe, les villes doivent composer avec un héritage important.

Voilà donc ce que j'imagine pour les villes :
1. limiter l'étalement urbain et densifier les villes existantes
2. déployer une mobilité douce (déplacements courts à pied ou à vélo), favorisée par une proximité des lieux de travail et d’habitat, par exemple par un mécanisme de financement des infrastructures cyclables et le rééquilibrage des incitations financières par les employeurs pour les trajets domicile-travail de leurs salariés (voir les propositions de la Fabrique écologique).
3. favoriser les transports en commun (et diminuer la consommation des véhicules à pétrole),
4. améliorer l'efficacité énergétique de nos bâtiments (lancer le chantier de la rénovation des bâtiments publics, inciter à la rénovations des bâtiments privés. Si nous conservons des impôts locaux, ils pourraient tenir compte de l'efficacité énergétique des bâtiments concernés).
5. développer la production locale d'énergie (exemples : unités de cogénération et géothermie, microcentrales hydro, biomasse, la microgénération...)
6. éliminer le gaz et le fioul du chauffage des bâtiments, pour les remplacer par des pompes à chaleur et de la biomasse
7. développer une production agricole urbaine et agroécoloqique à une échelle commerciale, pour de la consommation de proximité d'une alimentation locale, frais, responsable. C'est ce que font par exemple les fermes LUFA, en cultivant sur les toits urbains.
Développer le maraîchage pour aller vers l'auto-suffisance alimentaire des villes. Des études concrètes donnent une idée des ordres de grandeurs à viser : pour Rennes Métropole par exemple, "40 % des jardins, 50 % des squares et 60 % des toits : c’est la surface que devrait occuper le maraîchage à Rennes pour contribuer à rendre la ville autosuffisante".
8. encourager les lieux de réparation et recyclage des objets, dans une logique de promotion de l'économie circulaire

médias et démocratie : propositions

On a vu plus tôt l'extrême concentration des médias français, et leur appartenance à des groupes dépendant fortement de commandes ou de décisions étatiques.

Comme souligné par François Bayrou, c’est une anomalie démocratique qu’il y ait des liens de clientèle entre l’Etat et les groupes de presse, dans d’autres activités comme l’armement ou le bâtiment.

Manifestement, la législation anti-trust et anti-concentration, issue des ordonnances de 1944 sur la liberté de la presse, est insuffisante pour entraver cette concentration et les liaisons dangereuses entre les activités industrielles et le contrôle de la télévision.
Petit rappel des lois anticoncentration : La loi française interdit à un groupe de dépasser un seuil de 30% de la diffusion totale de la presse quotidienne d'information politique et générale. La règle dite des "deux sur trois" interdit à un même groupe de posséder à la fois une télévision de diffusion nationale, une radio de diffusion nationale et un quotidien de diffusion nationale, et ne lui autorise le contrôle au maximum que de deux de ces trois médias.

Je reprends donc à mon compte et complète des propositions d'Henri Maler pour ACRIMED, pour garantir le pluralisme, contre la concentration et la financiarisation des médias :
- abaisser le seuil des concentrations autorisées par les dispositions françaises et lutter pour leur abaissement conjoint et unifié dans l’ensemble des pays européens. Les critères de limitation des concentrations mono-médias ou multimédias doivent cumuler des seuils de concentration capitalistique, des maxima de nombre de titres et de canaux possédés, des maxima d’audience ou de diffusion ;
- interdire le contrôle des actifs médiatiques par des firmes qui sont largement présentes dans d’autres secteurs d’activité économique et, en particulier, par des firmes qui dépendent de l’obtention de marchés publics ;
- limiter l’ampleur des financements publicitaires, la surface ou la durée des messages publicitaires (cela sera aussi une libération des citoyens) ;
- encourager le financement "mutualisé", par les clients lecteurs et auditeurs, de la même façon qu’on peut l’envisager aussi pour des médias citoyens sur internet. Chaque citoyen pourrait réserver une part de ses impôts au financement d'un média ou plusieurs médias.

mardi 19 décembre 2017

décarboner l'Europe

J'avais déjà listé ici quelques actions allant dans la direction de la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre.
D'authentiques "experts" (the Shift Project, the carbon transition think tank) ont construit et chiffré 9 propositions pour décarboner l'Europe :

Océan

L'océan nous nourrit, nous relie, et protège et régule le climat.

Voilà qui justifie amplement que l'océan soit l'objet d'un des 17 objectifs de développement :

Le lien entre océans et climat me parait notamment essentiel. La présence d'eau liquide a été une des conditions indispensables à l'apparition de la vie sur Terre. Les océans absorbent environ 30% du CO2 produit par les humains et atténuent les impacts du réchauffement climatique. La gestion prudente de cette ressource vitale mondiale est un élément clé pour un avenir durable.

Sans compteur que l'Océan reste un formidable réservoir d'émerveillement.

lundi 18 décembre 2017

réchauffement climatique

Cela ressemble à une spirale centrifuge :

L'essentiel est de contenir les températures à l'intérieur d'un cercle "raisonnable" :

médias et démocratie : constat

Premier constat : en débroussaillant un peu la jungle des participations, les médias français sont extrêmement concentrés dans les mains d'une dizaine de groupes industriels et financiersComme l'écrit Osons Causer, dix milliardaires possèdent l'immense majorité des médias français.

Deuxième constat : les groupes qui possèdent les médias n’ont pas ce métier comme activité unique ou première. Il s’agit même de groupes qui ont comme particularité d'avoir l'Etat pour client, de dépendre économiquement de l’Etat, donc du pouvoir politique.
Comme l'écrit Marie-Anne Kraft, le pouvoir politique dépend du pouvoir télévisuel en même temps que les groupes contrôlant les médias télévisuels peuvent utiliser le pouvoir conféré par la télévision au bénéfice de leurs autres activités (défense, bâtiment, téléphone...).

Ces deux facteurs représentent une menace pour la démocratie.

D'abord parce que l'apparente pluralité des médias cache en fait peu d'acteurs, et peu d'acteurs très semblables. Ceux-ci peuvent décider de l'importance donnée à chaque sujet et orienter le traitement de l'information, formant et déformant notre réalité, décourageant la réflexion personnelle et l'engagement citoyen. On rejoint la thèse de la "fabrique du consentement", selon laquelle l'opinion publique en démocratie doit être consciencieusement contrôlée.

Ensuite parce que posséder des médias est un enjeu d’influence, tant sur des clients ou partenaires privés que sur les décisions étatiques. Entre les mains de grands groupes industriels et financiers, les entreprises médiatiques sont des outils d’influence en faveur des politiques qui préservent leurs intérêts. Les chaînes de télévision (et les instituts de sondage) donnant plus ou moins de visibilité et de crédibilité aux candidats à une élection ou aux partis politiques, les groupes industriels et financiers qui les possèdent peuvent s'attendre à un "retour d’ascenseur" (voire le réclamer) en récompense d'avoir pesé dans l'issue du scrutin. Vieille controverse : les médias font-ils l’élection ? Sans aller jusqu'à parler de corruption, cela me parait présenter un risque de trafic d'influence tacite et par anticipation, voire inconscient.
Passons maintenant aux propositions...